Traitements, vaccins: de nouvelles possibilités ouvertes aux pharmaciens

Pour pallier le manque de médecins, les députés ont autorisé lors de l'examen de la loi santé des délégations de compétences aux pharmaciens. Ils vont notamment pouvoir délivrer des médicaments sur prescription sans ordonnance de façon encadrée.

Des digues cèdent. Depuis des années, les pouvoirs publics caressent l'idée de déléguer des compétences médicales à d'autres professions de santé pour pallier le manque de médecins. Mais ils n'avaient pas sauté le pas. Lors de l'examen du projet de loi santé en première lecture à l'Assemblée nationale, la semaine dernière, une étape a été franchie. Les députés ont adopté une disposition proposée par le rapporteur du texte, Thomas Mesnier, qui permet aux pharmaciens de dispenser un traitement médical nécessitant une prescription sans passer par la case médecin. 

Le député de La République En marche (LREM), lui-même médecin, et qui avait vu un amendement identique retoqué lors du vote du budget de la Sécurité sociale à l'automne, a pris beaucoup de précautions pour obtenir gain de cause. Seules certaines affections seront concernées : cystites aiguës, angines, par exemple. Un décret le précisera.

La Haute autorité de santé va d'abord définir les protocoles de traitement - quelles questions poser, les tests à réaliser, peut-on se passer de consulter, doit-on prendre un antibiotique et lequel... Le pharmacien devra être formé, le médecin traitant informé, et l'opération devra se faire dans le cadre d'un «exercice coordonné » : maison de santé, équipe de soins primaires ou communauté professionnelle territoriale de santé.

 

La santé s'invite dans le grand débat

Lors de la discussion générale sur le projet de loi, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait pourtant jugé que la situation n'était « pas mûre ».  Le gouvernement a manifestement changé d'avis. Pour Carine Wolf-Thal, la présidente de l'Ordre des pharmaciens, c'est le grand débat national qui explique cette évolution: «Le thème de la santé s'est invité sans prévenir. Il y a une vraie attente de mesures concrètes et urgentes pour faciliter l'accès aux soins. » Or la réorganisation des soins de proximité inscrite dans le projet de loi du gouvernement ne produira ses effets qu'au bout de quelques années. 

Ce vote a provoqué la colère des syndicats de médecins, qui dénoncent une «perte de chance » pour leurs patients.«On donne un cadre législatif sécurisé, et on fait gagner du temps aux urgences, où se précipitent les gens s'ils ont une cystite ou une conjonctivite le week-end », insiste  Carine Wolf-Thal. 

 

Prescrire des vaccins

Par ailleurs, les pharmaciens vont pouvoir prescrire des vaccins, dont la liste sera également précisée par décret, en commençant par la grippe saisonnière. Ils vaccinent déjà eux-mêmes les personnes âgées ou fragiles avec un simple bon de l'Assurance-maladie. Un arrêté ministériel suffit désormais pour étendre la liste des vaccinations possibles en officine.

De plus, les expérimentations de « pharmaciens correspondants » autorisées par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019 vont être généralisées avant-même d'avoir vu le jour. Les pharmaciens pourront renouveler des ordonnances ou ajuster les posologies pour les malades chroniques. En cas de rupture d'approvisionnement de traitements chroniques, ils seront autorisés à leur substituer d'autres médicaments. A condition de le faire dans le cadre d'un exercice coordonné entre professionnels de santé.

 

Source : les Echos, https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0600951472336-traitements-vaccins-de-nouvelles-possibilites-ouvertes-aux-pharmaciens-2254800.php

  • Vues: 416

Vidéos

Copyright © 2015 Webdesign-oi.com by Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.