BILAN DE MEDICATION 2018...UNE NOUVELLE MISSION !

• Pourquoi réaliser un bilan de médication ?

Aujourd’hui, 3,9 millions de personnes sont considérées comme exposées aux risques d'iatrogénie en raison de leur polymédication.

Un bilan de médication s’avère fondamental dans la lutte conte l'iatrogénie. Outre la réduction de ce risque, il vise également à répondre aux interrogations des patients sur leurs médicaments et leurs effets,

à les aider à s’approprier leur traitement, et donc à améliorer leur observance, et enfin à optimiser les prises de médicament. Par conséquent, le bilan de médication est un accompagnement structuré du patient qui permet d’évaluer l’observance et la tolérance du traitement, d’identifier les interactions médicamenteuses, de rappeler les conditions de prise et de bon usage et d’informer le médecin traitant.

• Quels sont les patients concernés ?

Tout patient âgé d’au moins 65 ans présentant au moins une affection de longue durée et tout patient de plus de 75 ans sous traitement comportant au moins cinq molécules ou principes actifs pendant six mois ou plus, peut bénéficier d’un bilan de médication. À noter qu’il revient exclusivement au patient la décision de participer au dispositif tout comme le choix du pharmacien désigné pour ce suivi.

• Comment organiser le suivi des patients dans son officine ?

Une fois le recrutement du patient effectué, un entretien de recueil de traitements (prescrits ou non) permet une information mutuelle : le pharmacien expose l’objectif du bilan de médication au patient qui, en retour, renseigne le pharmacien sur ses traitements en cours. À noter que, avec l’autorisation du patient, le pharmacien peut également consulter les proches et les aidants. Cet entretien peut aussi s’appuyer sur la consultation du dossier pharmaceutique (DP).

Dans un deuxième temps, en dehors de la présence du patient, le pharmacien analyse son traitement et intègre ses conclusions au DMP (accès autorisé dans un proche avenir, N.D.L.R.). Il transmet ces informations au médecin traitant. Puis, le pharmacien convient d’un deuxième rendez-vous avec son patient pour un « entretien conseil » au cours duquel il lui fait part des conclusions de son analyse et des échanges éventuels avec le médecin traitant. Le pharmacien délivre ses recommandations au patient en termes de prise de médicaments et de bon usage.

Au cours de la deuxième année et des années suivantes, le pharmacien procède à au moins deux suivis de l’observance. Dans le cas où de nouveaux traitements interviennent, il actualise l’analyse initiale, organise un nouvel « entretien conseil » et assure le suivi de l’observance.

• Comment formaliser l’adhésion d'un patient au dispositif ?

Le suivi du patient est formalisé par une adhésion. Un consentement écrit est requis. L’adhésion est formalisée en ligne par le pharmacien via le téléservice sur le portail de l’assurance-maladie. Un exemplaire de l’édition papier du bulletin d’adhésion est remis au patient.

• Combien seront rémunérés ces bilans ?

La rémunération pour le bilan de médication répond à une rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). Elle est fixée à 60 euros par patient la première année, 20 euros l’année(s) suivante(s) en cas de continuité de traitement, 30 euros en cas de nouveaux traitements. Le pharmacien peut y prétendre dès lors qu’il a rempli les conditions sur l’année civile, soit deux entretiens pour la première année et au moins un au cours de celles suivant l’initiation du bilan de médication.

Le pharmacien déclare la réalisation des étapes du bilan via le téléservice de l’assurance-maladie qui lui est réservé. Le versement de la rémunération intervient directement auprès de l’officine, au plus tard au mois de mars de chaque année.

 

Bientôt des formations...

"...Quoi qu’il en soit, l’USPO ayant la possibilité de signer seul un avenant, les pharmaciens qui le souhaitent pourront commencer à réaliser des bilans de médication dès 2018. Gilles Bonnefond précise que des formations vont être prochainement proposées par la société de pharmacie clinique afin que les officinaux puissent être formés rapidement. « Il n’y a pas une obligation de se former mais on le recommande fortement », souligne le président de l’USPO, qui demande une prise en charge dans le cadre du DPC.

En ce qui concerne le nombre de bilans susceptibles d’être menés, Gilles Bonnefond rappelle que l’accord signé en juillet table sur 20 entretiens par officine et par an.

Mais le président de l’USPO augure que ce chiffre sera largement dépassé, car les patients en EHPAD peuvent en bénéficier. « Environ 4 millions de personnes sont concernées et je pense que l’on atteindra 50 patients par pharmacie la première année, ce qui se traduirait par une rémunération de 3 000 euros », avance-t-il. Le directeur général de l’assurance-maladie est lui aussi optimiste. « Je ne pense pas que nous soyons trop ambitieux sur le nombre de bilans à réaliser », affirmait Nicolas Revel lors du dernier Congrès national des pharmaciens à Montpellier.

L’objectif de 20 bilans par an et par officine ne lui semble pas hors de portée pour la profession. Quoi qu’il en soit, rappelait-il dans notre édition du 2 novembre, « une clause de revoyure a été introduite dans l’accord conventionnel pour vérifier la montée en charge au terme de la première année et envisager, le cas échéant, des ajustements ».

 

Source le quotidien du Pharmacien

Marie BONTE

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